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 Edwin Grüper

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MessageSujet: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 3:07



Edwin Grüper

Forces d'Occupation



Thomas Kretschmann © Nom du créateur

Et toi alors?



☆ Prénom/Pseudo ? Nero
☆ Age ? 21 ans
☆ Etude/Travail ? Le monde de l’édition est mon monde !
☆ Où as-tu connu YT ? Via les Top-sites il y a vraiment longtemps. J’avais repéré le nom et je crois avoir compris la référence. J’étais agréablement surpris de voir un forum aussi bien construit sur cette période, et je trouve que vous gérez vraiment bien l’uchronie. Promis, pas de léchage de pompes. Je regrette simplement de n’avoir pu vous rejoindre plus tôt, mais on ne choisit pas toujours son emploi du temps !
☆ Un truc à nous dire ? J’ai grand hâte de jouer et j’espère ne pas vous décevoir !




Papiers ?


Un personnage inventé
Un poste vacant



    ♠ Age du personnage : Edwin est né le 24 mai 1903, il y a donc bientôt 40 ans.
    ♠ Nationalité : Allemande.
    ♠ Statut : Marié en 1927, il est resté veuf depuis 1933. Sa femme Angelika est morte en abandonnant derrière elle deux jeunes enfants : un fils, Jakob, né le 25 septembre 1928 et une fille, Alina, née le 20 février 1930. Désormais, tous deux sont donc âgés respectivement de 14 et 13 ans.
    ♠ Religion : Élevé par une famille de confession catholique, Edwin est resté un homme profondément attaché au sacré et aux symboles religieux, sans pour autant se considérer comme un homme de foi envers Dieu. La perte de son épouse l’a par ailleurs particulièrement affecté sur ce plan, sans compter les horreurs de la guerre, vécues et perçues par son héritage personnel. Il estime néanmoins préférable de ne pas partager ses convictions religieuses, part qu’il estime profondément rattachée à sa vie privée qu’il défend avec ardeur.
    ♠ Profession : Entré dans l’armée dès la fin de ses études de littérature et de musique, il a gravi les échelons de la hiérarchie, jusqu’à atteindre le grade de capitaine au sein de la Werhmacht. Depuis son arrivée à Paris, il est à la tête d'une unité chargée du maintien de l'ordre dans la capitale française.  


Petit questionnaire



♠ Son livre préféré ? Durant son adolescence, le naturalisme lui apparut comme le courant littéraire le plus abouti, le plus audacieux. Son livre de chevet reste encore Tristan et Der Tod in Venedig, de Thomas Mann ♠ Son lieu préféré dans Paris ? Sans le moindre doute le jardin du Luxembourg, pour son calme olympien et par affection. Il s’agit de l’une de ses premières découvertes de la capitale. ♠ Son avis sur les Allemands ? En tant qu’Allemand lui-même, Edwin a du mal à se montrer aussi dur qu’il le faudrait parfois envers son peuple. Il a lui-même fait partie de la ferveur immense qui s’est installée suite à la nomination d’Adolf Hitler par le maréchal Hindenburg en 1933. En silence, il constate certaines dérives d’un œil attentif et inquiet. Si la Werhmacht lui semble heureusement toujours concentrée sur son seul objectif, il semble ne pas en être de même pour la population berlinoise comme pour la plupart des Allemands présents à Paris. Pour autant, il souhaite encore croire au maintien de la puissance de sa nation. En revanche, un mépris impérial le saisit chaque fois qu'il se voit obligé de croiser un confrère relevant de la SS. ♠ Son avis sur les juifs ? Edwin est sans véritable haine pour le peuple juif. Contrairement à beaucoup de ses compatriotes, et malgré la dureté de la crise qui a secoué le pays pendant l’entre-deux guerres, être né dans une famille aisée n’a pas développé chez lui les mêmes sentiments d’envie ni d’injustice. Il ne lui est néanmoins jamais venu à l’esprit de prendre parti pour eux, ravi de se cacher derrière des œillères et ses responsabilités familiales comme militaires. ♠ Aime-t-il sortir et où ? Pendant les premiers mois, Edwin s’est forcé à sortir, ce afin de surmonter la barrière de la langue, qu’il n’avait fait qu’entrevoir durant ses jeunes années. Depuis qu’il maîtrise davantage la langue de Molière, il limite ses sorties aux invitations qui lui sont lancées par des collègues officiers, n’aimant que rarement les gargotes et autres bouges. L’Opéra Garnier et le Cinéma le Grand Rex restent les seuls établissements où il se rend de bonne grâce. ♠ Son premier geste le matin ? Après ses ablutions matinales, l’officier apprécie particulièrement la saveur du café avant de se mettre à écrire. Que ce soit pour ses carnets intimes ou pour entretenir une correspondance soutenue avec ses enfants, et particulièrement sa fille. ♠ Sa couleur favorite ? Avant la guerre, le rouge. Après la guerre, le blanc. ♠ A-t-il des manies/tics ? Edwin est un fumeur compulsif. N’aimant guère se retrouver les mains vides, il affectionne le toucher lisse d’un zippo, conservant toujours une main dans une poche afin d’assouvir ce tic récurrent.  ♠ Sa saison préférée ? Le printemps, incontestablement. L’idée de renouveau et le retour des beaux jours sont restés une source d’étonnement perpétuel. ♠ Son avis sur les manifestations ? Sans pitié avec les manifestants, pour la simple et bonne raison que sa fonction consiste à faire régner l’ordre dans les rues parisiennes. Il ne fait aucune différence entre les fauteurs de troubles,  hommes ou femmes, et s’engage à mater toute tentative d’insurrection.



Ton histoire

La page à moitié couverte d’encre sous les yeux, l’officier fit une pause, se reculant sur le dossier d’un siège confortable. Il tourna la tête vers la fenêtre qui laissait passer une lumière franche et claire. Ses yeux se perdirent entre les particules de poussière qui planaient, paisibles, n’attendant qu’un souffle d’air pour se disperser et rompre la tranquillité d’une chambre silencieuse. Il lui arrivait, dans ces moments de calme, de songer à l’avant. Ce qui avait composé sa vie, depuis le début. Il songeait à l’écrire, mais qui en serait intéressé ? Qui d’autre que lui se perdrait entre des lignes tracées par un capitaine mélancolique et secoué par le mal du pays ?
Dans un soupir las, il massa sa nuque lentement. Après tout, il écrivait bien pour conserver sa mémoire aussi intacte que possible depuis 1935. Qu’est-ce que cela coûterait de remonter plus loin, afin de coucher sur le papier ce qui serait peut-être oublié dans vingt ans ? Mais surtout, comment raconter ? Par où commencer ? La tâche était immense, ses pensées, désorganisées. Il remonta, alors. Puisa dans la voix de ses ascendants et dans les images qu’il avait chéries jusqu’à présent pour gribouiller quelques notes, d’abord sans conviction. Puis, peu à peu, son poignet devint plus souple, plus enclin à confesser ces idées encore mal articulées.

« L’année 1903 s’annonçait douce pour les Grüper.
Cette vieille famille allemande voyait les dernières décennies de son âge d’or s’éteindre en silence, avec la discrétion qui accompagne toujours le moment précédant l’accalmie. Au moment où les jeunes Friedrich et Maria Grüper annoncèrent la naissance de leur deuxième enfant, les affaires maritimes de Hambourg battaient leur plein, aidées par la colonisation du Cameroun, du Togo, de la Namibie et d’autres territoires encore que l’on se plaisait à évoquer dans les salons, embellis d’exotisme, quand il ne s’agissait en réalité que d’exploiter les hommes et les matières premières propres à enrichir l’État allemand de l’époque. Le couple, soutenu par une famille unie et attentive à maintenir un train de vie faste et sans fausse note, décida pourtant de prendre une autre voie et, au bout de quelques années, s’enfonça plus loin dans les terres. Près de Dresde, ils acquirent une vaste propriété qui leur permit d’intégrer le clan réputé des nombreux autres aristocrates fonciers, ceux que l’on appelait plus communément les Junkers, sur fond de production de blé et de pommes de terre. C’est là que nous avons grandi, Hannah, Ruth et moi. Loin des transformations urbaines, loin du brouhaha des villes, nous avons eu droit à une éducation de choix, sévèrement encadrée par une mère intransigeante et cultivée qui compensait les manquements d’un père souvent absent pour mener à bien ses affaires.
Dès mon plus jeune âge, elle m’a initié au piano, m’a inculqué un amour de la musique que rien ne saurait plus détrôner. Et l’amour de Chopin, plus particulièrement. D’aussi loin que je m’en souvienne, c’était le seul moment où elle trahissait son attachement purement sentimental à ses origines polonaises. Alors, sans tourner le dos aux célèbres compositeurs allemands qui comblaient de fierté notre nation de mélomanes, les étés passaient au fil de ses nocturnes. Sans hâte, avec la langueur de ces années d’enfance que l’on se remémore avec une nostalgie accentuée, parfois à tort.
Qu’importe. Il n’y avait pas de mauvais souvenirs. Pas de catastrophe, à cette époque. Aucune responsabilité, si ce n’était apprendre avec rigueur. Les jeux avec mes sœurs ou les bêtises avec les enfants des paysans qui travaillaient sur nos terres. L’horizon sans début ni fin, quelques chevaux avec ce rêve de môme de faire partie d’un ordre de cavalerie, comme mon grand-père. Parfois, je regrette de n’avoir pu offrir cette même douceur à mes enfants, trop vite séparés de leur propre mère. Et souvent, je me demande ce qu’il se serait passé, si 1914 n’avait pas ouvert la voie à tous les vices, tous les cauchemars.
Comment avons-nous glissé vers le précipice ? Tout gosse, je n’avais aucun moyen de sentir le trémolo dans l’air, l’instant qui se fige et qui cristallise les vieilles rancunes européennes, qui agitait la vie politique du pays. Je n’avais aucun moyen d’entendre les conversations privées de mes parents, aucun moyen de discerner la raison du pli du front soucieux de mon père lors des dîners, trop heureux de pouvoir enfin bénéficier de sa présence. Aucun moyen de comprendre pourquoi les regards de sa mère devenaient lourds, pesants, inquiets.  

Le 28 juin 1914, je n’avais que 11 ans lorsque les journaux titrèrent de l’attentat de Sarajevo. En moins de deux mois, toutes les années de sérénité accumulées se consumèrent. L’Allemagne entra en guerre, et les ordres de mobilisation se mirent à pleuvoir. Tous les Allemands aptes au service militaire reçurent leur ordre de convocation, et mes oncles furent les premiers à partir. Friedrich Grüper aurait peut-être pu user de ses bonnes relations pour échapper à l’appel sous les drapeaux, mais ce fut sans hésiter qu’il répondit au sien, le 3 août 1914 à l’âge de 33 ans. En y réfléchissant, je me souviens de la peur qui m’avait saisi, affolé par les larmes de mes sœurs et par la détresse de ma mère, désormais bien visible. Il y eut une discussion, anxiogène mais nécessaire, entre mon père et moi. Il fallait expliquer pourquoi il s’engageait avec une telle dévotion, un patriotisme exemplaire qu’il comptait bien voir un jour dans ma propre attitude, lorsque le temps serait venu.
Tout alla très vite. Les au revoir furent expéditifs, durs et destinés à accepter la réalité telle qu’elle était. Par ailleurs, on se rassurait : la victoire serait aisée, brève. Mon père reviendrait si rapidement qu’on serait bien incapable de distinguer cette absence des nombreuses autres qu’il avait assumé jusque-là, pour de toutes autres raisons.

« Les armées allemandes sont entrées en France, de Cambrai aux Vosges, après une série de combats continuellement victorieux. L'ennemi, en pleine retraite, n'est plus capable d'offrir une résistance sérieuse. »

Voilà ce qu’on nous rebattait à longueur de temps. Toutes les autres puissances impliquées dans le conflit n’avaient aucune chance face à la suprématie militaire de l’Allemagne. La France plierait. 45 divisions ne pouvaient rien face à 59. Je suivais toutes les nouvelles émanant du Front avec anxiété. Ma mère et moi avons ainsi passé beaucoup de temps à parler ensemble. De la guerre, de mon père, de notre avenir à tous. De mon avenir. Elle disait que je n’avais à me soucier de rien, et que la guerre serait terminée bien avant mes 17 ans. Age auquel j’aurais pu être incorporé dans l’armée à mon tour. Une partie de mes certitudes s’envolait. Ma mère, cette femme forte, dure et peu encline aux émois, avait peur. Et le pire, c’est qu’elle ne pouvait rien faire pour me la dissimuler.
Ces discussions sonnaient pour moi comme le début d’un âge de raison assumé. Je me sentais proche d’elle, privilégié, par rapport à mes sœurs qui préféraient se contenter d’attendre le retour du héros de la maison sans se soucier des détails qui agitaient l’Est de la France.
La bataille de la Marne s’est vite chargée de freiner le bel enthousiasme teuton. C’était le début de la guerre des tranchées. À travers les lettres que mon père ne manquait jamais d’envoyer, il répétait souvent qu’il ne fallait pas y voir un risque d’échec. Certes, la progression allemande était stoppée, mais les troupes franco-britanniques étaient bien trop épuisées par ce premier mois de conflit pour parvenir à nous bouter hors du pays adverse. Je m’accrochais à ces paroles rassurantes, presque trop creuses puisque je ne sentais pas la main de mon père peser sur mon épaule pour les appuyer. Le premier Noël sans lui fut terrible. Cette semaine-là me resta en mémoire comme particulièrement sordide et injuste pour l’enfant que j’étais. Le cœur n’y était pas. Nous n’avons pas pu échapper à la grande messe, qui me parut interminable et sans réconfort aucun.
Je me couchais la nuit dans un état d’insécurité permanent. L’hiver rendait le domaine sombre, froid et hostile. Dans ces conditions, il semblait presque inimaginable d’envisager le retour des jours cléments. Sous l’injonction de ma mère, je continuais d’étudier avec application. Guerre ou non, elle ne se montrait pas moins exigeante avec nous, au contraire, et je lui en suis reconnaissant aujourd’hui.

L’année 1915 n’apporta pas plus de motifs de réjouissance. La guerre ne se termina pas. Ma mère continuait de gérer nos terres d’une main de fer, secondée par l’expérience d’un vieux maître de chais oeuvrant dans la propriété voisine. Elle se rendait quelques fois à Berlin visiter certaines de ses connaissances, elles aussi séparées de leur mari envoyé au Front. Les mois me paraissaient sans saveur, et je commençais à penser que je ne reverrais peut-être pas mon père autrement que dans un cercueil ou quand le conflit daignerait prendre fin. Nous ne croyions plus aux permissions qui ne venaient pas. Jusqu’au mois de décembre qui vit un homme boitillant légèrement grimper les marches du porche. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite. Jamais je n’avais vu mon père muni d’une barbe de quelques jours, qui grignotait étrangement son menton, et son sourire n’empêchait pas de noter la crasse et la fatigue qui l’enveloppaient tout entier. Il était vivant, en bonne santé malgré une cheville mal en point, et on nous l’avait rendu pour Noël. Six petits jours  qui semblèrent une fête sans début ni fin. Le revoir à sa place à table, l’entendre nous demander de nos nouvelles, savoir si Ruth travaillait bien son violon, quels étaient mes progrès au piano, comment s’étaient passées les récoltes en son absence… Pendant ces six jours, nous avons délibérément tourné le dos à la guerre, et nous avons célébré la force d’une famille unie et aimante.
J’admire d’autant plus le maintien sans faille de mon paternel, assiégé de questions parfois maladroites et douloureuses, de ma part comme de celle de mes sœurs. À quoi ressemblait la guerre ? Avait-il tué des gens ? Avait-il vu des hommes mourir ? Quel était son quotidien ? Comment s’était-il blessé à la cheville ? À quoi ressemblaient les soldats français ? Si je le rejoignais dans quelques années, pourrais-je rentrer dans la section qui était la sienne depuis 15 mois maintenant ? Souriant, de sa voix grave et posée, il esquivait certaines interrogations, trouvant toujours le moyen de rassasier notre soif de savoir en conciliant les deux partis. Nous ne savions pas que plus tard, dans la nuit et alors que nous plongions enfin dans un sommeil sans cauchemars, mon père racontait à son épouse les conditions ignobles d’hygiène, le découragement des soldats malgré la soif de sang des sous-off’, les rats, la boue, les morts. Les gaz. Jamais il n’avait mentionné dans ses courriers les gaz utilisés dès le mois d’avril, par peur de la censure. Il les craignait comme tous les hommes alors, et priait pour que leur utilisation continue d’être aussi rare que possible. Il n’y avait pas d’honneur à tuer ainsi. Pas plus qu’il n’y avait d’honneur dans les tirs d’obus. Il n’avait jamais fait partie de la cavalerie, rattaché à l’infanterie. Il se battait aux côtés d’inconnus qui devenaient des amis auxquels il était déconseillé de s’attacher, mais qui formaient sa seule famille là-bas.
Il repartit en promettant qu’il ne s’écoulerait pas autant de temps avant son retour à la maison. Sans trop y croire, nous avons nous aussi fait un effort pour qu’il ne regagne pas le Front avec à l’esprit les visages de ses enfants mortifiés. Même si personne n’était dupe.

Je devenais irritable tandis que 1916 se levait, et que le cauchemar continuait. Renfermé, solitaire, je fuyais toute présence pour me retrancher dans ma chambre ou plus loin, le long des cultures. Il y avait une sorte de tension insupportable qui nous bâillonnait tous. Nous aussi, civils désoeuvrés, nous subissions de plein fouet les conséquences de cette guerre d’usure. Ma mère ne souhaitant plus parler de la guerre, nos lèvres demeuraient closes pendant les repas.
Pendant ce temps, éclata Verdun. Les « Feldgrau » tombèrent comme des mouches, à l’image des Français. Comme de nombreuses autres familles, ce fut cette bataille qui marqua l’apogée de la souffrance pour la nôtre. Les trois frères de mon père ne devaient pas revenir. Le premier mourut en mars, tombé près d’Avocourt, touché trop gravement par le syndrome du « pied de tranchées ». Le second en juillet, pendant l’offensive ratée du fort de Souville. Mon père revint au domaine en octobre 1916, alors que nous venions d’apprendre la mort du troisième, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Funèbres retrouvailles. Il n’y avait plus de quoi jouer la carte de l’illusion, et mon père me raconta de lui-même les boucheries dont il avait été témoin. Feu, fer, sang. Voilà quel était l’horizon de son monde, désormais. Huit jours plus tard, je le vis repartir, la terreur rivée au ventre. Un pressentiment morbide me chuchotait qu’il ne reviendrait pas. Que je devais déjà faire mon deuil, afin d’être capable de devenir l’homme qui prendrait soin de notre famille à sa place. Je me torturais de cette éventuelle et immense responsabilité, à tort ou à raison.

Trois mois après l’anniversaire de mes 14 ans, en août 1917, ma mère reçut un courrier officiel qui lui annonçait le retour définitif de Friedrich Grüper. Nous pensions la guerre terminée, il n’en était rien. C’est un homme amputé de la jambe gauche au-dessous du genou et aux yeux brûlés par le phosgène qui rentra à la maison.  
La guerre se termina avant que je ne puisse être appelé. Notre pays fut mis à genoux, et achevé par le Traité de Versailles en 1919. Il n’y avait rien à dire, rien à faire. Nous étions jugés responsables, et nous devions en payer les conséquences. J’avais honte. Honte de savoir que nous avions manqué d’être rattachés à la Pologne. Honte de savoir que je ne pourrais jamais faire mon service militaire, que notre armée avait été soigneusement démantelée. Honte de ne plus oser adresser la parole à un père qui se murait dans un silence que personne n’aurait osé briser, hormis en ce qui concernait la gestion de la propriété.

C’était la fin d’une époque. Et une autre, toute aussi douloureuse, s’apprêtait à jeter son voile sur l’Allemagne mutilée.» 

Edwin fit une pause, considérant d’un œil critique et sans aménité pour lui-même les trois pages déjà noircies. Il y avait tant à dire en réalité. Mais il ne parvenait pas à entrer dans le détail concernant le handicap que son père conserva jusqu’à la fin de ses jours. Il y avait là une blessure intime profonde qui n’avait pas seulement marqué l’homme, mais bien également son épouse et ses enfants. Une culpabilité avait envahi l’adolescent qu’il était alors. À ses yeux, son père s’était sacrifié. Pour eux, pour un pays qu’on avait jeté en pâture aux Russes, aux Américains, aux Anglais et aux Français. Cependant, la conclusion était bien amère. Un massacre étendu à de nombreuses nations, une défaite cuisante et des centaines d’infirmes. Même encore aujourd’hui, le sujet demeurait particulièrement sensible pour lui. La honte qu’il décrivait et qu’il avait ressentie, son père l’avait porté comme un fardeau tant que la vie lui apportait ses maigres agréments. S’il avait pu prendre la souffrance à sa place, il l’aurait fait volontiers. Malheureusement, il n’y avait rien d’autre à faire que de tenter de ramener le sourire sur le visage plus ridé, plus sombre. Ramener un peu de fierté. Après avoir fait jouer les articulations de ses phalanges, il reprit la plume et raviva le souvenir de la famille Grüper qui avait quitté Hambourg pour se rapprocher d’eux, traumatisée par les pertes engendrées par la Guerre. Ils s’installèrent à Berlin, et Hannah fut la première à les rejoindre afin de mener des études d’infirmière.

« … Sans en avoir parlé avec elle, je savais qu’à sa façon elle souhaitait rendre hommage à notre père. Elle qui avait si souvent fermé les yeux sur la réalité de ce qu’il endurait si loin de nous, elle prenait conscience que le Front était bien plus qu’une pensée, qu’une idée qui ne pouvait pas nous atteindre, là où nous nous trouvions. La Guerre était passée, abandonnant derrière elle un vaste champ de ruines.
Mon aînée nous manqua beaucoup, mais correspondait très régulièrement avec moi, rassurante. Notre très faible écart d’âge nous avait toujours rendus plus proche qu’il ne m’avait rendu proche de la petite dernière, Ruth. Si celle-ci me ressemblait par ailleurs beaucoup sur le plan physique, que nous avions hérité de notre père, Hannah et moi étions le jour et la nuit. Elle avait pris de notre mère une lourde chevelure brune, bouclée, qu’elle aimait laisser libre et qu’elle répugnait à attacher en chignon comme ses professeurs le leur demandait à l’école d’infirmières. Je souriais en l’imaginant parfaitement lever les yeux au ciel, s’agiter et revendiquer haut et fort son droit d’affirmer sa féminité, elle qui se montrait toujours si coquette. Il était par ailleurs prévu que je la rejoigne l’année suivante pour m’inscrire à l’Université des Arts de Berlin, section musicologie et littérature. Quelque part, il me tardait de connaître enfin le monde de la capitale, dans laquelle je n’avais jamais mis les pieds. L’ambiance pesante de notre cercle familial y était pour beaucoup. Je m’en voulais d’abandonner Ruth derrière moi, mais il était temps de vivre, de se tourner vers l’avenir. Je savais que mon père y tenait, et que ma mère m’aurait harcelé pour que je mette enfin à profit mes connaissances littéraires et ma maîtrise de plus en plus satisfaisante du piano. Je me rêvais professeur, à cette époque. Les gens aimaient ma voix, me trouvaient une aura de bienveillance et une capacité à transmettre, à raconter. J’avais encore le temps, mais me fixer un but était pour moi un bon moyen de ne pas perdre le Nord, de savoir où marcher.
Hannah m’écrivit un jour une longue lettre qui parvint à la fin du mois de mars 1920, relatant le putsch de Krapp. La politique du pays était en plein chaos, et le gouvernement élit même domicile temporairement près de chez nous, à Dresde. D’un jour à l’autre, tout pouvait basculer en Allemagne. La République de Weimar ne trouvait pas ses marques. Les habitants portaient encore le poids des conséquences de 14-18.
Je m’installai chez ma sœur en août, après des adieux plus pénibles que je ne l’aurais pensé à ma famille, mais également à celle qui me vit découvrir les premiers émois. Hannah vivait dans un appartement situé à une vingtaine de minutes à pied de l’Université. Un quartier tranquille. J’aimais vivre avec elle. Loin de nos parents, nous disposions d’une liberté plus appréciable. Toutefois, Berlin était loin d’être une ville de tout repos. Les différentes manifestations semblaient ne jamais se terminer totalement. Absorbé par mes études, je développai mon cercle de connaissances. Peu de femmes, principalement des hommes. Mais parmi les rares qu’il m’était donné de fréquenter, l’une d’elles avait attiré mon attention dès le début. Fiancée, elle me causa de nombreux déboires sentimentaux, que je me reprochai par la suite. Je me jugeais stupide d’avoir osé demander l’affection d’une femme qui n’avait aucun moyen de répondre à cette attente égoïste. Entre les divers putschs, les premières crises sociétales et mon apprentissage, cette faille amoureuse me permettait, je le pense désormais, de vivre comme si je ne percevais pas quelle nation désorganisée et à l’agonie nous étions en train de devenir. Il s’agissait d’une échappatoire comme une autre.

En 1923, j’avais 20 ans. 20 ans fêtés au domaine. Mon père avait recouvré la pleine santé de ses yeux, dans la mesure du possible. Il souffrait encore parfois de troubles de la vision, accentués par la fatigue, mais il n’était plus obligé de tâtonner comme un aveugle ainsi qu’il le faisait encore parfois lors de mon départ. Se déplacer demeurait une épreuve, et je savais qu’il regrettait sa vie d’avant. Il aimait voyager de ville en ville, libre comme l’air et désormais cloué la plupart du temps dans son fauteuil préféré. Et malgré l’effondrement du pays, malgré l’occupation de la Ruhr par la France et la Belgique, nous avons là encore tourné le dos à la réalité pour préserver un peu de notre sérénité familiale. La petite Ruth avait hâte de nous rejoindre à Berlin, alors qu’Hannah avait décroché son diplôme d’infirmière. Ces succès individuels nous aidaient à croire que la vie continuait et suivait son cours, qu’importe le reste.
Pourtant, l’été 1923 vit une nouvelle épreuve se dresser face à nous. Pauvres, riches, ouvriers, commerçants, propriétaires ou étudiants : nous fûmes tous marqués par la grande menace du mark, dont la valeur ne cessa plus de dégringoler. L’automne aggrava encore les choses, et j’en vins à me demander si je serais dans la capacité de terminer mes études avant de devoir retourner chez mes parents, faute de pouvoir résider correctement à Berlin avec mes sœurs. Eux-mêmes se faisaient également du souci pour la gestion du domaine, et cette inquiétude retombait sur notre moral, au plus bas. En décembre, nous n’écrivions plus de lettres, un envoi revenant à 30 milliards de marks. Nous nous procurions des provisions via le troc. Pendant un an et demi, il nous fallait sans cesse nous adapter à de nouvelles règles économiques sans fondement ni sens, mais qui régissaient nos faits et gestes quotidiens.

Début 1925, fauché et lassé d’un train de vie qui me semblait s’affadir de jour en jour, j’abandonnais mes modestes ambitions et, poussé par mon père et un désir inavoué de revanche, je m’engageai dans l’armée. Ma mère y vit d’abord une pulsion inconsidérée avant de reconnaître que j'avais là toutes les chances d'obtenir un avenir solide et pourquoi pas heureux. Je souhaitais faire mes preuves, et à défaut de n’avoir pu servir l’Allemagne plus tôt, je m’y emploierais maintenant, à l’image de mon père et de mon grand-père avant lui. La crise monétaire s’estompa lentement. Hannah se maria avec le journaliste Sigmund Rauter. La cérémonie fut intime, mais annonçait des temps meilleurs. Je me souviens de ma joie sincère pour mon aînée. Sigmund était et reste un homme de bien, engagé et soucieux de faire son travail du mieux qu’il peut. Je suis fier de l’avoir pour beau-frère. Parallèlement à mes devoirs militaires qui ne me virent pas me détacher de ma curiosité naturelle, je me rapprochai d’autres membres de la famille Grüper, ou du moins qui lui étaient rattachés, n’étant plus freinés par l’éloignement géographique. J’y rencontrai notamment ma cousine germaine, Angelika Mohr. C’était un joli brin de femme, dont la crinière rousse répondait à deux beaux yeux verts, légèrement en amande qui vouait une passion sans mesure à la littérature. Tout naturellement, une certaine complicité s’installa rapidement entre nous. Avant même que je ne m’en aperçoive, nous étions plus proches que nous n’osions bien l’avouer de part et d’autre.

Ma mère, intuitive, comprit rapidement. Elle favorisa notre rapprochement, heureuse et impatiente de me voir m’établir et fonder une famille. Je me rapprochai de mon beau-père, Manfred, qui devint un véritable modèle à suivre. J'admirais son engagement sans réserve, le parcours de cet homme au charisme impressionnant. Il me décida à adhérer au parti, me sentant guidé par son esprit critique et son mental de fer.
Un peu plus d’un an après, j’étais fiancé à mon tour. Le mariage eut lieu en 1927, cérémonie plus faste que celle qu’avait connue Hannah, pour la simple et bonne raison que Ruth se maria le même jour. Jour de bonheur immense que rien n’est venu ternir. Nous connaissions une certaine stabilité, et par la suite, Angelika tomba très rapidement enceinte de notre premier enfant : Jakob. Je devins père le 25 septembre 1928. Deux ans plus tard, c’était au tour d’Alina de venir au monde, une magnifique petite fille aux cheveux sombres de sa grand-mère, mais qui avait les yeux de ma femme. Entre-temps, un an d’harmonie s’était écoulé avant que le krach de 1929 ne vienne répandre l’odeur pestilentielle de la peur sur l’Allemagne. À nouveau, on craignait la banqueroute. Et bien nous en prit. Muni de mes nouvelles responsabilités, j’étais obsédé à l’idée de ne pouvoir assumer le bien-être de mes enfants et de mon épouse. Mes parents m’assurèrent qu’ils seraient les bienvenus au domaine si nous ne parvenions plus à conserver notre appartement de Berlin, spacieux mais dont le loyer pourrait s’avérer être un trop lourd fardeau. De mon côté, je cessai de faire confiance à nos banques, probablement bientôt contaminées par le raz-de-marée en provenance des États-Unis, que je haïssais plus que jamais au fil des ans. Je retirai toutes nos économies. À l’ancienne, nous conservions notre argent à portée, dissimulé de part et d’autre dans notre chez nous. Je dois avouer que nous nous en sommes plutôt bien tirés. Angelika travaillait de son côté, donnant des cours de littérature privés à des étudiants en cours du soir, qu’elle recevait à notre domicile. À force de labeur et de ténacité, nous avons réussi à garder le navire à flots, néanmoins touchés par la détresse du peuple allemand. Le chômage atteignit des taux record, et un vent de colère soufflait sur Berlin. Je peux affirmer qu’il s’agit d’un moteur déterminant pour le NSDAP. Moi-même à l’époque, je donnai ma voix au Parti national-socialiste pendant les élections de juillet puis de novembre 1932. Je saluai la montée progressive d’Adolf Hitler, qui représentait à mes yeux l’homme providentiel qui manquait jusqu’à présent pour redresser l’Allemagne. Je savais qu’il avait été soldat durant la Première Guerre mondiale, et j’appréciais tout particulièrement ses positions vis-à-vis de l’armée qu’il traitait avec un immense respect lors de ses allocutions.

Mais notre vie prit un tournant décisif à l’hiver 1932. Angelika tomba malade, souffrant de ce que les médecins prirent d’abord pour la tuberculose. Il n’en était rien. Une sévère pneumonie l’affaiblit très vite. Sa guérison ne fut que temporaire, et bientôt elle se vit obligée par les médecins de rester alitée. Je pouvais compter sur le soutien de notre famille à Berlin pour prendre soin d’elle et des enfants lors de mes absences, mais j’étais rongé d’angoisse, l’accablant de lettres pour prendre de ses nouvelles chaque fois que je ne pouvais demeurer chez nous. Les siennes se firent de plus en plus rares, et un jour il n’y en eut plus du tout.  
Au matin du 23 février 1933, alors qu’Hitler avait été nommé chancelier depuis trois semaines à peine, Angelika Grüper ne se réveilla pas. »  

Le souffle lui manqua brutalement. Cela faisait plus de dix ans, mais il n’encaissait pas. Il n’arrivait pas à se pardonner de n’avoir rien pu faire pour veiller à la santé de cette femme qu’il avait aimé avec plus de sincérité qu’il n’en avait lui-même conscience. Il ne se pardonnait pas d'avoir eu à dire adieu si vite à une vie conjugale tendre et apaisante. Sa femme n’avait jamais été un poids. Jamais les sirènes de l’adultère n’avaient sonné à ses oreilles. C’était là le même sentiment enfantin d’injustice qui l’envahissait et qui le poussait à une colère stérile. La même qui l’avait rendu malheureux jusqu’à ce que la guerre éclate de nouveau. Expirant avec force, il se leva pour ouvrir la fenêtre.
Les grains de poussière se dispersèrent sur son passage vif. Dehors, un soleil d’avril timide se levait sur Paris. Il inspira l’air encore frais et resta appuyé contre le chambranle. Le deuil était surmonté depuis longtemps. Mais lorsqu’il songeait à sa femme, ses enfants revenaient immédiatement lui rappeler à quel point leur présence lui manquait. Fermant les yeux, il écouta la capitale se réveiller en douceur. Jusqu’à ce que son cœur se remette à battre normalement, sans lui causer cette douleur si familière. Ses paupières se rouvrirent et il jeta un coup d’œil sur le lit défait. Il avait choisi de ne pas se remarier. D’abord pour honorer la mémoire d’Angelika, et par la suite sa vie était devenue trop imprévisible pour une telle option. Jakob et Alina lui suffisaient amplement. Quant aux autres femmes, elles ne seraient que de passage. Il ne manquerait pas à sa promesse, en bon homme de principes qu’il était. Et puis c'était sans compter l'aide inconditionnelle apportée par Manfred. Morale comme militaire. Il pouvait user de ses bonnes influences dans l'armée, et si Edwin mettait un point d'honneur à révéler ses compétences sans user des pots-de-vin et autres méthodes peu recommandables, il savait que le moment viendrait où son seul engagement ne suffirait plus. Le monde était ainsi fait.
L’envie de froisser les pages et de les jeter à la corbeille le taraudait, mais il se fit violence pour se rasseoir au bout de longues, très longues minutes.

«  Je confiai mes enfants à ma sœur, Hannah, qui elle-même avait donné naissance à un garçon d’un an plus âgé que le mien. Cette période fut extrêmement difficile à gérer pour moi. J’assistais sans les comprendre vraiment aux événements qui secouèrent Berlin. Le Reichstag avait brûlé. Les députés communistes arrêtés. Une fois le choc de me retrouver veuf quelque peu atténué, je prenais conscience de l’extraordinaire paradoxe qui avait suivi la nomination d’Hitler. D’une part, le pays semblait gagner en force et en stabilité, notamment par la centralisation judicieuse du pouvoir que j’approuvai sans réserve. De l’autre, le climat de terreur qui s’installa petit à petit était perceptible, quoique je n’en ressente pas les effets personnellement. L’armée en revanche, s’apprêtait à retrouver de son prestige. J’ai moi-même prêté serment de fidélité envers le Führer, comme mes confrères, avec fierté, m’attirant les foudres de ma petite sœur. Elle s'était en effet mariée à un professeur d’histoire à l’université, Eugen Klemper. Juif et révoqué de ses fonctions l’année même de l’élection d’Hitler. Je ne me suis pas ému de son sort, empreint d’une dureté nouvelle. Je m’inquiétais davantage du couple mixte qu’il formait avec Ruth. J’avais été témoin des humiliations publiques de plusieurs couples, promenés dans les rues avec des pancartes insultantes autour du cou. Une violente dispute m’opposa à elle. Ce fut la seule fois où je levai la main sur ma sœur. Je m’en voulus aussitôt, et je compris à son regard noyé de larmes qu’elle ne me le pardonnerait jamais, malgré toutes les tentatives d’Hannah et de ma mère pour arranger la situation entre nous.
1935 est arrivé. Les lois de Nuremberg aussi. La position de Ruth et Eugen était de plus en plus précaire. Je les exhortai à quitter l’Allemagne, mais ils refusèrent. Pour aller où ? Nos rapports tendus m’empêchèrent d’insister. Même alors que le temps passait et que je me rendais bien compte de la gravité de la situation. Et le pire, c’est que je me prenais à apprécier l’ambiance morbide qui planait tout autour de nous. J’aimais sentir que les choses bougeaient, évoluaient en permanence. J'en vins à approuver avec de moins en moins de réserves la volonté de purger notre nation des assistés et parasites risquant de mettre à mal la croissance nouvelle. Je croyais en l'Aryanisation.
Nous sortions enfin du marasme, de la bouillie infâme des années 20, avec leur immobilisme et leur précarité financière. S’il fallait passer par de sévères restrictions et une épuration raciale, alors ce prix me semblait bien mince à payer pour assurer le bonheur de ma progéniture dans une nation dont ils n’auraient pas honte.
Je mis tous mes efforts à prouver ma valeur, décidé à monter en grade dans ma désormais bien-aimée Wehrmacht. S’il devait y avoir un remariage, ce serait celui-là. Rejoindre mon beau-père dans la Luftwaffe ne m’intéressait pas, et la cavalerie ne représentait plus rien pour l’armée allemande. Rattaché à la Heer, je vis les expérimentations comportant les chars de combat qui causeraient tellement de dégâts face à la Pologne dans quelques années. La seule branche de l’armée qui ne m’inspirait pas confiance était la Wafen. Je n’aimais pas l’esprit particulièrement opportuniste qui se dégageait de ceux qui n’avaient rejoint nos rangs que « sur le tard » et dont l’aspect fanatique relevait parfois de la pathologie.
En 1936, nous avons marché sur la Rhénanie. Ce fut le premier pas vers la gloire et le blason redoré de notre force militaire. Mon père ne vécut pas assez longtemps pour voir l’Autriche assiégée à son tour, et mourut des conséquences de ses poumons fragilisés en janvier 1938. Invitation supplémentaire à me faire remarquer par mon zèle que mes supérieurs ne manquèrent pas de saluer, m’accordant le grade d’Unteroffizier. Ce n’était pas encore assez à mes yeux, et je ne me laissais rien passer, encouragé par Manfred, qui représentait un repère de poids toujours plus important dans ma carrière comme dans ma vie personnelle.
En octobre, nous avons foulé au pied les Sudètes. Plus nous enchaînions les victoires, et plus la soif de la guerre se faisait ressentir. J’étais grisé, comblé par cette conquête prometteuse et riche. Nous tenions là une occasion inédite de nous venger du Diktat de Versailles, nous riant d’un Traité dont nous ne respections plus les limites que le Führer avait estimé bon de balayer d’un simple revers de main. À Berlin, les mesures anti-juives s’accentuèrent et, par précaution suite à leur statut officiel de Mischlinge, Ruth et Eugen décidèrent de quitter la capitale à la fin de l’année 1938 et de partir rejoindre ma mère au domaine familial. Par chance, ils échappèrent de justesse à l’horreur de la nuit de Cristal et à ses conséquences. Pour un temps.

Dès 1939, ma carrière d’officier prit un tournant que je peine encore à réaliser. Ce, grâce à la campagne de Pologne.
Nous étions un million et demi de soldats le 1er septembre à 4h45 du matin, prêts à nous jeter dans une bataille gagnée d’avance. La Pologne avait une guerre de retard, son armée était trop démodée, inefficace. J’ignorais alors que cet énième revers d’une puissance qui n’était pas l’Allemagne me verrait consacré capitaine, grâce aux bonnes relations liant Manfred et Goering. Avec le même sentiment du devoir à accomplir, je mis de côté les lettres d’incompréhension que m’envoyait encore parfois ma mère, saisie à l’idée que l’on puisse s’attaquer ainsi à sa patrie natale. Je finis par cesser de répondre, comprenant que tous les arguments du monde n’y changeraient rien. Par ailleurs, la Pologne méritait de recevoir une leçon de modestie et d’humilité. Forte du soutien de ses alliés français et britanniques, ces liens diplomatiques soi-disant indéfectibles ne la sauveraient pas du feu des Panzer-Divisionen. Quant à notre aviation, lire les premiers éléments de comparaison en devenait risible. Je me battais à Dantzig, menant l’attaque de la 3e division blindée, à proximité du cuirassé Schleswig-Holstein qui bombarda les Polonais sans relâche. Notre orgueil était grand, notre certitude d’agenouiller le pays en quelques jours plus grande encore. C’est avec horreur que nous avons découvert le massacre civil qui se tramait entre Allemands et natifs. Sans sourciller, j’ai pris connaissance des représailles à l’encontre de ces derniers. La bataille a redoublé d’intensité au moment d’encercler Varsovie. Nous avons subi des pertes considérables, tant au niveau de l’infanterie que concernant les 72 Panzers hors de combat. La Luftwaffe ne suffit pas à nous protéger pour cette fois. Par ailleurs, les Polonais commencèrent à faire sauter les ponts. Tout bon stratège sait qu’un pont est l’endroit le plus important lors d’un conflit. Quiconque maîtrise le pont, maîtrise les communications. Maîtrise le pays.
Le 5 septembre, toutes les frontières avaient été franchies. Nous avons encerclé avec méthode les troupes adverses, témoins de l’impuissance polonaise face aux renforts militaires français qui ne vinrent jamais. Le 6 septembre, Cracovie tomba, tandis que nous devions prendre de vitesse les efforts de contre-attaque pour mettre la main une fois pour toutes sur Varsovie. J’admets que l’ennemi s’est battu férocement, avec l’énergie du désespoir,  parvenant notamment à nous causer de sérieux coups, comme un chat acculé à mort entre deux molosses. Le 18 septembre, la campagne de Pologne était officiellement annoncée comme terminée. Pourtant la capitale n’était pas encore tombée, la résistance toujours en vie. À force de persévérance, de cinq divisions d’infanterie, du soutien de l’aviation et en condamnant la ville à la famine tout en la bombardant avec acharnement, Varsovie finit par plier.
Nous devons à Rommel la capitulation effective le 28 septembre à 13h15.

Légèrement blessé à la tête et d’une balle dans le bras, plus douloureuse et encombrante que réellement dangereuse, j’ai été décoré et nommé capitaine d’infanterie, à 36 ans, avant d’être rapatrié sur Berlin le temps d’une brève convalescence qui me permit de retrouver mes enfants. Je ne repassai pas par le domaine, conscient que je n’y serais certainement pas le bienvenu. Seule Hannah me soutenait sans réserve, ce qui créait une dissension pénible au sein de son couple avec Sigmund. Celui-ci m’appréciait sur le plan humain, mais je sentais toutes les réserves qui surgissaient quant à notre Führer. Or, je ne tolérais pas la moindre remarque. Depuis vingt ans nous attendions un leader tel que lui. Vingt ans à courber le dos face à l’impérialisme américain. Pour éviter toute rupture, nous évitions d’aborder ce sujet, tandis qu’entre Ruth, Eugen et moi, la séparation était définitive. Ma sœur me désavouait publiquement, au risque de s’attirer de graves ennuis, à elle comme à son mari. On murmurait déjà dans notre famille quelle erreur elle avait commise. Elle, une belle aryenne, s’affilier à un Juif. Je n’étais pas loin de tenir le même discours, plus par provocation que par réelle conviction. Mon retour dans ma capitale me permit de passer du temps avec mes enfants, qui grandissaient à une vitesse folle. Jakob avait 10 ans. C’était un petit bonhomme très courageux, particulièrement attaché à ma sœur et qui me donnait beaucoup d’espoir. Vif, ayant bien du mal à tenir en place, il ne tarissait pas de questions sur la guerre, comme je l’avais moi-même fait étant gamin.
Ma fille était plus posée. Grande timide, elle mit un peu de temps à se familiariser avec ma présence à mon retour du front. Au bout de quelques heures cependant, et grâce à la patience et à la tendresse d’Hannah, Alina finit par ne plus quitter mes genoux. Elle m’était d’un grand réconfort, et réveillait en moi une fibre paternelle que je n’aurais jamais pu soupçonner auparavant. Je connaissais certains officiers incapables de témoigner de leur amour à leur progéniture. Ils ne comprenaient pas eux-mêmes cette distance érigée par instinct. Je les plaignais, et me sentais soulagé de ne pas avoir à faire à cette problématique. Je ne pouvais peut-être pas les élever au quotidien, mais je les savais protégés par la chaleur d’un foyer. C’était tout ce qui comptait.

Partout dans le monde, les déclarations de guerre se mirent à pleuvoir contre l’Allemagne. La Seconde Guerre mondiale était lancée. Malgré l’accueil de ma mère, nous sommes tous revenus temporairement près de Dresde, afin de l’aider dans la gestion du domaine. Un froid intense s’était abattu sur toute l’Europe, et les températures étaient rarement descendues aussi bas. Elle craignait pour nos cultures, à raison. Pendant mon séjour là-bas, ma petite sœur évita soigneusement de m’adresser la parole, tandis qu’Eugen dépérissait moralement à vue d’œil. Il ne se remettait pas de la disgrâce, de la façon dont on l’avait renvoyé sans façon de son poste d’universitaire reconnu et réputé. Plus d’une fois je sentis le poids de son regard sur moi. J’ignore s’il cherchait à réveiller en moi un quelconque sentiment de culpabilité. Il chercha en vain.
Au printemps  1940, je pris connaissance de l’existence des camps, ceux qui existaient déjà comme ceux dont la construction était encore en chantier. Instruit sur la question via Manfred, je ne m’émeus pas particulièrement de cette réalité là non plus. J’imaginais des camps de travail aux conditions de vie pénibles, mais supportables. La guerre était la guerre.
Je repartis au front pendant le mois de mai. L’offensive contre les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et surtout la France nécessitait toutes les forces disponibles, et je ne cachai pas ma joie de laver un affront personnel en participant activement désormais au commandement de nos forces militaires. Nous avons joyeusement enfoncé les Ardennes à l’aide de 40 divisions, pendant que le Luxembourg se rendait sans opposer de résistance. La Belgique céda rapidement. Le vrai face à face aurait lieu avec le vieil Ennemi de l’Allemagne. J’espérais une conquête similaire à celle de Pologne : pas sans épreuves, mais jouissive et progressive, inexorable. Sentir la peur de l’ennemi qui comprend qu’il n’y aura pas la moindre chance possible d’inverser la tendance. Vaincre ou périr.

Le 14 juin fut l’une des dates les plus importantes de mon existence. Rarement j’avais ressenti une telle joie, sauvage et incontrôlée. Nous étions bel et bien entrés dans Paris, désormais ville ouverte. Aucune fascination ne m’imprégnait encore vis-à-vis de la capitale. Je n’éprouvais rien d’autre que cette sensation si bestiale et humaine à la fois d’avoir enfin agi pour la grandeur de l’Allemagne, pour régler dignement nos comptes, avec fair-play. En 40 jours, la France était vaincue.
Le 25 août 1941, Berlin fut bombardée par la RAF. J’obtins l’autorisation de revenir dans la capitale, exhortant Hannah à se réfugier au domaine, au moins par précaution. J’obtins gain de cause, tandis que Ruth et Eugen décidèrent de revenir s’installer à Berlin dans leur appartement. Je condamnai pareille folie, mais je ne fus pas écouté. Eugen fut contraint de porter l’étoile. Dès lors, Ruth n’eut de cesse de me harceler, hurlant comme une hystérique sur un frère complice d’un régime soi-disant meurtrier et dictateur. Le couvre-feu, l’accès interdit à certains quartiers de la ville, le rationnement, les horaires… Elle était aux premières loges pour assister au grand système d’épuration ardemment désiré par Hitler et ses partisans. Or, sans pour autant cultiver cette « bonne vieille haine du juif », je commençais à penser qu’un peuple aussi brimé à travers son histoire n’y était peut-être pas totalement innocent. Elle me demanda mon aide : je la lui refusai. Je ne serais pas un traître à ma patrie, à l’image de Manfred. Et lorsque deux mois plus tard, Eugen fut raflé et déporté à l’Est, elle m’accusa devant toute notre famille de l’avoir vendu à la Gestapo moi-même, ce qui était absurde. Je la forçai à quitter la capitale et la renvoyai au domaine. Dans un état de nerfs qui m’inquiétait quant à sa santé mentale, elle ne pouvait rester seule dans un grand appartement, à se mettre en danger en exigeant de la préfecture qu’on lui révèle où à l’Est on avait conduit son mari. Je savais qu’il se trouvait en Pologne, à Varsovie. En revanche, j’ignorais s’il s’y trouverait encore longtemps, ou s’il serait conduit à Treblinka, voire Chelmno.

Malgré nos différends, il me peinait de voir Ruth dans un tel état, et je décidai de mettre un terme brièvement à mon désintérêt pour la question juive. Par curiosité, et même si je savais que je ne pouvais rien faire contre ces déportations massives, je tâchai de me renseigner plus en profondeur sur ces camps, espérant glaner quelques renseignements qui calmeraient son angoisse pour un temps. On esquiva mes questions, et il me fallut insister poliment pour que je comprenne en 1942 ce qui se tramait, parallèlement aux rafles qui secouaient la France, la République Tchèque, et tous les pays annexés par l’Allemagne. Plus que des camps de travail, il s’agissait de camps de concentration, voire d’extermination. Si Eugen y avait été envoyé, cela ne signifiait qu’une chose : il ne reviendrait pas. Pendant un temps, l’envie de me cacher derrière des œillères et de ne pas accorder d’attention aux demandes de Ruth se fit sentir. Puis, je cédai, et retournai dans la grande propriété qui avait vu nos jeux d’enfants. Dans une chambre sans lumière, je lui confiai honnêtement ce que j’avais appris. Pour la première fois depuis près de dix ans, je pus enfin serrer ma petite sœur dans mes bras, touché par sa détresse à elle, mais pas autant que je l’aurais cru par son sort à lui. Cette indifférence me glaçait moi-même. Il faudrait avancer, ne pas compter sur son retour. Il était bien sûr trop tôt pour la pousser à se remarier, mais j’étais certain qu’elle saurait rebondir. Je dus repartir, et rapidement.

La bataille de Stalingrad nous attendait. »

Edwin souffla sur les pages, veillant à ce que l’encre soit suffisamment sèche pour pouvoir fermer le carnet sans crainte de traces disgracieuses. Il jeta un bref coup d’œil à sa montre, toujours étonné de la vitesse qui faisait défiler les aiguilles chaque fois qu’il se mettait à écrire. Ce serait tout pour aujourd’hui.
Stalingrad. Il en portait encore les marques. Trois balles dans la cuisse, retirées à temps pour éviter la gangrène. Rapatrié d’urgence à Berlin pour la seconde fois, décoré par sa hiérarchie mais revenu hanté des conditions pénibles à l’Est. Les Russes se battaient comme des diables. Ce n’était en rien comparable avec ce qu’il avait connu en Pologne ou en France. Les visages étaient marqués par une souffrance de tous les instants, une peur palpable que l’officier lui-même avait ressentie. Il boitait encore légèrement lorsqu’il forçait trop longtemps sur sa jambe blessée, bien que n’ayant plus besoin de soutien pour se déplacer. Frustré de ne pouvoir retourner se battre dans l’immédiat, il avait répondu par la positive à l’invitation de son beau-père à le rejoindre en France. D’abord parce que rester à Berlin le ferait devenir fou d’immobilisme, et ensuite parce qu’il avait largement les moyens de lui fournir de quoi faire en pays occupé. En effet, on avait créé des unités pour parer aux tentatives de manifestations parisiennes, et ces unités nécessitaient des responsables, qu’un capitaine comme lui pouvait tout à fait mener. Il savait obtenir la confiance de ses hommes, et l’idée de revenir en France était aussi plaisante que curieuse. Avec la promesse de Manfred de l’aider à affiner ses maigres connaissances de français, il accepta dès que la fin de sa convalescence le lui permit.

En revenant près de la fenêtre, il vit que le soleil accélérait sa course vers le zénith. Il sourit. Ce serait une belle journée en perspective. Ces six derniers mois avaient balayé son ignorance de la capitale. Edwin reconnaissait sans trop se faire prier quelle beauté résidait dans des coins jusque-là inconnus. Il s’était laissé captiver par le calme du jardin du Luxembourg, par la beauté des Champs-Elysées et par la splendeur de la culture française. Il aimait ses nouvelles responsabilités, appréciait la compagnie désormais récurrente de son père d’adoption, et rêvait de mater toute insurrection. La seule chose qui lui pesait était de penser aux hommes qui continuaient la guerre contre Staline. Il se donnait jusqu’à septembre pour demander la permission de retourner à l’Est. Par sens de l’honneur, et par devoir. Il ne voulait pas se « planquer à l’arrière », bien à l’abri derrière un bureau avec la capacité de nier les assauts répétés en URSS. Néanmoins, il ne se faisait pas d’illusion : il devrait attendre son complet rétablissement et l’agrément des médecins pour convaincre ses supérieurs.

Résigné à faire son travail du mieux qu’il le pouvait en territoire foulé par les semelles allemandes, il referma les battants et se prépara à rejoindre Manfred, répugnant à arriver en retard au rendez-vous fixé la veille…









Dernière édition par Edwin Grüper le Mer 19 Nov - 1:27, édité 17 fois
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 10:51

J'ai lu avec envie toute ta présentation de personnage et qu'est-ce qu'il fait envie. Je réfléchis à une ou deux idées de liens déjà. Apparemment, je devrais pas t'aimer, SS et tout face

En tout cas, je suis impatiente de lire la suite et je plussoie l'avatar. Bienvenue et amuses-toi bien first
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 11:53

panpan

Hum désolé, mauvais réflexe /o/

Bienvenue :D
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 12:40

Silke > Eh bien merci, ça fait plaisir en tout cas ! Il faudra que je me penche davantage sur ton personnage, ce n'est pas de refus pour un lien ;)

Peter > Tss tss. Couché. laugh  Et merci gnhehe
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Edouard Cabanel
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■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 2321
■ avatar : Ryan Gosling
■ profession : Ambassadeur de Vichy à Paris

PAPIERS !
■ religion: Ne croit qu'à la politique. Dieu ? ça fait longtemps qu'il n'existe plus, non ?
■ situation amoureuse: Coincé dans un mariage malheureux avec Madeleine Claussat. Trop occupé à cause de son beau-père pour avoir le temps d'aller voir ailleurs.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 13:12

Bienvenue officiellement parmi nous, cette fois-ci gaga ! Le début de ta fiche me fait déjà saliver, etj'ai hâte d'en lire davantage !

N'oublie pas de remplir "vos papiers" dans ton profil au passage gnhehe


A très vite parmi nous !

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
J.K. Rowling (c) .bizzle


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 13:14

Pas de problème, j'y penserai et merci ;)
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 13:20

Bienvenue! J'ai déjà lu ta présentation rapide dans la partie invités et je dois dire que j'ai adoré gaga tu m'as l'air de savoir exactement ce que tu veux faire de ton personnage!
Bon courage pour la suite de ta fiche en tout cas! J'ai hâte de voir le résultat final!
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 13:28

Merci beaucoup Eva !
Ton personnage a l'air super intéressant aussi, et très bel avatar, je ne connaissais pas du tout !
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Elsa Auray
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ce qu'il restait.



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■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 5210
■ avatar : Rose Leslie
■ profession : Fausse étudiante, à la tête de la Brigade

PAPIERS !
■ religion: Juive, paraît-il, mais il y a bien longtemps que Dieu n'existe pas pour elle.
■ situation amoureuse: Définitivement de glace.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 14:29

Bienvenue à toi officiellement cette fois ammu

J'ai hâte d'en savoir plus sur ton personnage ! Bon courage pour la rédaction de ta fiche 8D
Et encore une fois, tu sais où nous trouver si besoin ! cool


₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny ©️ .bizzle


team berniques d'eau douce:
 
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 14:33

Merci merci !

Pas de souci, je n'hésiterai pas !
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Manfred Mohr
The High Flying Bird



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O'er the land of the brave...
■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 533
■ avatar : Charles Dance
■ profession : Oberst dans la Luftwaffe, responsable de l'aéroport d'Orly

PAPIERS !
■ religion: Protestant
■ situation amoureuse: Marié, père de famille
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 15:03

Thomas Kretschmann heart bave gaga

Hm hm. Pardon. Bienvenue par ici avec ce très intéressant personnage avec lequel Manfry devrait bien s'entendre - je te guette au tournant pour un lien - Mohr et lui ont deux trois points communs qu'on pourra bien exploiter je pense !

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
To kill a mockingbird
C'est uniquement une question de temps. On nous enterrera, puis on nous oubliera. Juste une question de temps. × by lizzou.
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Sam 13 Sep - 15:37

Aucun problème, ma boîte à MP t'est ouverte cool
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Dim 14 Sep - 17:41

Bienvenue à toi ** Ca faisait longtemps qu'on n'avait pas vu un perso avec Thomas Kretschmann :D bon courage pour la suite de ta fiche!!
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Dim 14 Sep - 18:39

Et moi ça faisait bien longtemps que je n'avais pas vu un personnage avec Rachel Hurd-Wood !
Merci à toi =)
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Lun 15 Sep - 18:33

Et voilà !

J'annonce officiellement avoir terminé ma fiche !
Désolé pour la longueur, j'étais inspiré... slamhead

Surtout, n'hésitez pas si vous trouvez le moindre détail qui vous semble incohérent historiquement parlant ou vis-à-vis de mon personnage, je modifierai ça au plus vite ! joy
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Edouard Cabanel
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PAPIERS !
■ religion: Ne croit qu'à la politique. Dieu ? ça fait longtemps qu'il n'existe plus, non ?
■ situation amoureuse: Coincé dans un mariage malheureux avec Madeleine Claussat. Trop occupé à cause de son beau-père pour avoir le temps d'aller voir ailleurs.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Mar 16 Sep - 2:15

Gosh cette fiche gaga !

Ne t'inquiète pas pour la longueur, je l'ai dévorée d'une traite, en me passionnant pour la vie d'Edwin que je trouve particulièrement attachant . Je suis impressionnée par cette somme de connaissances sur l'Allemagne, ça sent la fiche érudite, et c'est d'autant plus agréable à lire ! J'aurais juste aimé en apprendre plus sur ces derniers mois parisiens, mais du coup, tu n'as pas le choix, il faut que tu te lances très vite dans le rp pour me satisfaire face (et ça ne devrait pas être trop compliquée, j'ai déjà des idées de liens gnihi mdr ). D'ailleurs je vois que ça complote sec avec Manfred dans le dos des admins , mais vous êtes pardonnés, votre lien est vraiment chouette .

Bref, je vais couper court, il commence à se faire tard et je ne suis pas sûre que ma connexion internet que j'ai bravé pour te valider dure encore très longtemps, du coup, je peux enfin te souhaiter la bienvenue parmi nous, je te souhaite de t'éclater .

Et hop le petit guide


Toutes mes félicitations, ta fiche a su toucher le cœur de nos berniques en chef, tu es à présent VALIDÉ. Mais l'aventure ne fait que commencer ! Merci de venir réserver ton avatar afin d'être sûr de pouvoir le conserver et de te recenser dans les registres de notre préfecture du forum, étape indispensable si tu ne veux pas qu'il t'arrive tes ennuis ! Tu dois tout d'abord te faire ajouter à la liste des membres et de leurs DC ainsi que dans le who's who des Allemands si tu es concerné.

Cette première étape achevée, tu peux désormais te lancer dans le jeu ! Mais pour t'éviter tout problème, nous avons quelques parachutes de secours : tu peux te faire des amis (ou toute autre connaissance car tout bon Parisien doit avoir un carnet d'adresses bien rempli) ainsi que remplir une petite bibliothèque pour ne pas te perdre dans les dizaines de rp que tu ne manqueras pas d'ouvrir ! Et si tu souhaites des idées de rp, n'oublie pas que tu peux aller consulter la partie top-secrète des complots. Mais si tu es timide, tu as toujours la possibilité d'aller t'inscrire aux mini-intrigues où les berniques en chef t'organiseront des tête à tête avec des inconnus.

Tu ne connais pas très bien Paris et tu es perdu dans nos rues ? N'hésite pas à consulter le petit guide de Paris qui t'accompagne où que tu ailles.

Nous te rappelons que tu peux solliciter les berniques en chef pour obtenir un rang et un logement à partir de 100 messages.

Allez, il ne te reste plus qu'à venir nous faire un petit coucou dans le flood ! Note qu'en ce moment, sur le forum, tu peux nous époustoufler en relevant les défis lancés par La Propagande !
Bon jeu parmi nous happy

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« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
J.K. Rowling (c) .bizzle


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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Mar 16 Sep - 2:28

Eh bien wow, merci shylove
Ça fait toujours plaisir de lire ce genre de retour. Content que ma fiche t'ait plu, en tout cas !
Je t'avoue qu'il y a des dates que j'ai dû aller puiser parce que le cerveau ne peut quand même pas tout retenir, mais c'est une période que je trouve tellement fascinante que j'estime ne même pas avoir beaucoup de mérite : j'attendais trop de pouvoir m'éclater sur un forum comme ça happy

C'est une de mes petites manies de ne jamais trop divulguer des derniers mois de mon personnage, car en effet j'aime l'établir dans les premiers RPs histoire de bien prendre mes marques, que je ne manquerai pas d'écrire d'ici peu (oui, beau-papa m'en a déjà réservé un. La famille, ça vous gagne. revamp )

En tout cas merci beaucoup pour cette validation super rapide, et je m'en vais vite remplir mes devoirs de nouveau membre !
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Elsa Auray
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ce qu'il restait.



Féminin

■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 5210
■ avatar : Rose Leslie
■ profession : Fausse étudiante, à la tête de la Brigade

PAPIERS !
■ religion: Juive, paraît-il, mais il y a bien longtemps que Dieu n'existe pas pour elle.
■ situation amoureuse: Définitivement de glace.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Mar 16 Sep - 17:50

Waouh, je vais répéter ce qu'a dit ma collègue, mais je suis vraiment impressionnée par cette fiche , on s'y laisse prendre, j'ai tout lu d'une traite et je suis ravie, c'est toujours plaisant d'accueillir de tels joueurs ! gaga En plus, tu as déjà eu l'occasion de parler lien à avec certains membres, je trouve ça vraiment chouette ! ammu

Voilà, je tenais à dire que j'ai vraiment beaucoup, beaucoup aimé ta fiche ! Je vais réfléchir à des liens avec mes différents personnages gaga
Bienvenue sur Yellow, encore une fois, j'ai hâte de te voir à l'oeuvre

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny ©️ .bizzle


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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Mar 16 Sep - 17:56

Merci beaucoup Elsa, ça fait vraiment plaisir.

Que ce soit Edouard ou toi n'hésitez pas pour les liens, ma porte est grande ouverte face
Il va juste falloir que j'aille lire vos fiches tout de même, histoire de ne pas forcément attendre que ça tombe tout seul et d'essayer d'avoir des idées !

Merci pour votre disponibilité et votre accueil, c'est super chaleureux.

confetti
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Mar 16 Sep - 23:46

Bienvenue Edwin =D

Je dois avouer que dans un premier temps, lorque j'ai vu la proposition de personnage inventé, j'ai eu quelques frayeurs, car l'histoire résumée avait de nombreuses similitudes avec mon personnage de Philipp...Mais ma fiche de l'époque est bien plus succincte et surtout, ta fiche est tellement chouette que je suis totalement certaine que Philou ne t'a pas inspiré du tout gnhehe

En tout cas, vu leurs points communs, on pourrait trouver un lien chouette, Philou n'a pas beaucoup d'amis (en même temps il est trop grognon pour ça gnhehe) et Manfry n'est pas si cool que ça avec lui pwease

Bravo encore pour cette fiche qui a du te prendre des heures sur Wiki pour toutes les dates gnhehe
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Mar 16 Sep - 23:59

Oh !
Tu fais bien de le préciser parce que je n'étais absolument pas au courant de ces similitudes comme tu peux t'en douter gnhehe

Ravi de n'avoir pas été la cause d'un plagiat involontaire en tout cas, et merci =)
SOS détresse amitié bonsoir cool Envoie un MP, qu'on discute de ça ;)
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Mer 17 Sep - 0:54

En général, les plagieurs ne passent pas trop de temps à checker toutes les dates historiques de la vie en Allemagne dans l'entre-deux guerres gnhehe


Mais yop, je t'envoie un MP ASAP face
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MessageSujet: Re: Edwin Grüper    Ven 10 Avr - 18:04

Pouic !

Victoire m'a conseillé de lire ta fiche, je tenais juste à te dire que tu dois être la première fiche-à-rallonge (en général je suis partisane de "l'enfilage de dates" on va dire XD) que j'ai aimée lire depuis longtemps ! J'ai particulièrement apprécié toute la partie avant 1933, c'est souvent une période un peu délaissée quand on écrit des personnages sur la seconde guerre mondiale.

Une toute petite question par contre, quand tu cites Rommel à Varsovie, tu parlais bien de Juliusz Rómmel et de sa supeeeeerbe moustache (qui pour le coup a bien, elle, une guerre de retard) ? Parce que si tu parles bien de lui et non du germanique et glabre Erwin Rommel, rien que pour avoir cité son nom je veux un lien avec toi !
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Edwin Grüper

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